Rate this item
(0 votes)

Depuis 2018, la Chine a injecté 132 millions FCFA dans le programme d’aide à la scolarisation des élèves ivoiriens (REIAC)

Dans une interview accordée mardi 8 octobre 2024, à l’Agence ivoirienne de presse (AIP), le président du Réseau des enseignants ivoiriens amis de la Chine (REIAC), Christ Aymet Yoro Loua, souligne l’importance de l’aide financière accordée par l’Ambassade de la République Populaire de Chine en Côte d’Ivoire depuis 2018, dans le cadre du programme d’aide à la scolarisation des élèves ivoiriens désireux d’apprendre le mandarin. Il aborde également les enjeux et les perspectives de la coopération entre la Chine et la Côte d’Ivoire dans le domaine de l’éducation.

AIP : Quelle est la mission principale du Réseau des Enseignants Ivoiriens Amis de la Chine, et comment s’intègre-t-elle dans le contexte des échanges académiques entre la Côte d’Ivoire et la Chine ?

Yoro Loua : La mission principale du Réseau des enseignants ivoiriens amis de la Chine est de renforcer les liens éducatifs et culturels entre la Côte d’Ivoire et la Chine à travers des actions éducatives, des échanges d’expertise, et la promotion de la culture chinoise dans le système éducatif ivoirien. Le réseau vise à favoriser une meilleure compréhension mutuelle entre les deux nations et à offrir aux élèves et enseignants ivoiriens des opportunités de formation et de développement personnel en collaboration avec des institutions chinoises.

AIP : Depuis combien de temps votre association travaille-t-elle sur le programme d’aide à la scolarisation aux élèves des clubs des élèves amis de la Chine, et quels sont vos objectifs à long terme ?

Y.L : Le Réseau des enseignants ivoiriens amis de la Chine travaille sur les bourses d’aide à la scolarisation depuis l’année scolaire 2018-2019. Ces bourses visent à soutenir les élèves méritants qui montrent un intérêt pour la culture chinoise et qui participent activement aux activités des clubs. En s’engageant dans cette initiative, le Réseau aspire à promouvoir l’excellence à l’école tout en renforçant les liens culturels et éducatifs entre la Côte d’Ivoire et la Chine.

À long terme, les objectifs du Réseau sont de multiplier le nombre de bourses offertes pour permettre à un plus grand nombre d’élèves de bénéficier d’un soutien financier dans leur parcours scolaire. De plus, l’association vise à étendre ces bourses à des opportunités d’études supérieures en Chine, créant ainsi un pont académique durable entre les deux pays. Le Réseau souhaite également élargir l’accès à ces programmes à travers des partenariats avec davantage d’écoles en Côte d’Ivoire et des institutions chinoises, tout en favorisant l’apprentissage du mandarin et la découverte des opportunités culturelles et professionnelles offertes par la Chine.

AIP : Pourriez-vous nous donner une estimation du nombre d’élèves ivoiriens qui ont bénéficié de ces bourses d’aide à la scolarisation grâce à votre Réseau ?

Y.L : Depuis la mise en place des aides à la scolarisation par l’Ambassade de Chine, 562 élèves ivoiriens ont pu en bénéficier et cette année scolaire 2024-2025, ils seront 185 à en bénéficier. Au total, 132 millions francs CFA ont distribué aux élèves désireux d’apprendre le mandarin depuis 2018. Au titre de cette nouvelle année scolaire, c’est une enveloppe de 24.5 millions francs CFA qui sera réparti entre les élèves pour la formation des futurs leaders du pays.

Le REIAC continue également de travailler activement pour augmenter ce nombre, en élargissant la portée des bourses et en s’associant avec de nouveaux partenaires chinois et ivoiriens pour offrir des opportunités éducatives à un plus grand nombre d’élèves chaque année.

AIP : Quels sont les critères de sélection pour bénéficier de cette bourse d’aide chinoise via votre Réseau ?

Y.L : Pour être sélectionné pour une bourse de l’Ambassadeur, l’élève doit répondre à plusieurs critères basés à la fois sur leurs qualités personnelles et leurs compétences scolaires. Il doit avoir entre autres de bons résultats scolaires, montrer leur sérieux et leur engagement dans leurs études, démontrer un intérêt particulier pour la culture et la langue chinoises, notamment à travers leur participation active aux activités des clubs des élèves amis de la Chine. Sans oublier d’avoir une attitude exemplaire en termes de comportement et d’éthique être issu d’un milieu social défavorisé, étant donné le caractère social de la bourse.

AIP : Quel est l’impact de ces bourses sur la vie des élèves amis de la Chine, tant sur le plan personnel que scolaire ?

Y.L : Les aides à la scolarisation offertes par l’Ambassade par le biais de notre Réseau ont un impact significatif sur la vie des élèves, à la fois sur le plan personnel et scolaire. En allégeant la charge financière des élèves et de leurs familles, ces bourses permettent aux élèves de se concentrer pleinement sur leurs études. Cela se traduit souvent par une amélioration de leurs performances scolaires. Ces bourses motivent les élèves à approfondir leur connaissance de la langue chinoise et de la culture, ce qui peut leur ouvrir des perspectives professionnelles à l’échelle internationale.

Le fait de recevoir une bourse renforce la confiance des élèves dans leurs capacités. Ils se sentent valorisés et encouragés à poursuivre leurs efforts, sachant que leur travail est reconnu. Les bénéficiaires de bourses apprennent à être plus disciplinés et responsables, car ils sont tenus de maintenir de bons résultats scolaires et de rester engagés dans les activités du club des élèves amis de la Chine.

Ces bourses renforcent la motivation des élèves à exceller dans leurs études et à aspirer à un parcours universitaire international. En acquérant des compétences linguistiques et interculturelles, les élèves deviennent plus compétitifs sur le marché du travail, avec des perspectives professionnelles élargies, notamment dans les relations entre la Côte d’Ivoire et la Chine.

AIP : Comment ces bourses contribuent-elles au développement de la Côte d’Ivoire et au renforcement des relations entre les deux pays ?

Y.L : En permettant aux élèves ivoiriens de poursuivre leurs études dans de bonnes conditions, ces bourses contribuent à former une génération de jeunes talents compétents. Ils peuvent, à terme, jouer un rôle clé dans divers secteurs de l’économie ivoirienne, notamment dans des domaines techniques, technologiques et commerciaux où les compétences acquises dans le cadre des relations sino-ivoiriennes seront très utiles.

L’apprentissage du mandarin et la familiarité avec la culture chinoise permettent aux bénéficiaires de devenir des ambassadeurs des relations entre la Côte d’Ivoire et la Chine.  Ces bourses favorisent la création de liens académiques solides entre les écoles, collèges et universités de Côte d’Ivoire et de Chine, facilitant ainsi la collaboration sur des projets communs, des programmes d’échange, et des recherches académiques conjointes.

AIP : Quels sont les retours que vous avez des parents d’élèves et des élèves ayant bénéficié de ces bourses les années précédentes ?

Y.L : De nombreux parents expriment une grande gratitude envers le Réseau et les partenaires chinois pour le soutien financier apporté à leurs enfants. Ils estiment que ces bourses ont allégé le fardeau financier lié à la rentrée scolaire et ont permis à leurs enfants de poursuivre leurs études dans de meilleures conditions.

Les élèves bénéficiaires se disent plus confiants quant à leurs perspectives d’études supérieures et de carrière, notamment avec la possibilité de postuler à des programmes d’études en Chine ou de travailler dans des secteurs où la coopération avec la Chine est essentielle. Les témoignages des parents et des élèves soulignent ainsi l’impact positif de ces bourses sur la vie scolaire et personnelle des élèves bénéficiaires, ce qui témoigne de la qualité des relations entre la Côte d’Ivoire et la Chine.

AIP : Quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confrontés dans la gestion de ces programmes de bourses ?

Y.L : Bien que les bourses soient une source précieuse de soutien pour les élèves, l’un des défis majeurs reste le nombre de bourses disponibles. Trouver des financements supplémentaires et diversifier les sources de soutien sont une priorité pour nous.

AIP : Quelles sont les perspectives pour les échanges académiques entre la Côte d’Ivoire et la Chine ?

Y.L : Il est prévu d’élargir les programmes d’échanges académiques entre les deux pays. Cela inclurait non seulement les élèves des écoles secondaires, mais également des opportunités pour les étudiants et les enseignants, renforçant ainsi les collaborations éducatives.

À l’avenir, les échanges académiques pourraient s’étendre à des domaines variés, tels que la technologie, l’ingénierie, l’agriculture et la médecine. Les institutions chinoises proposent déjà des programmes dans ces secteurs, ce qui pourrait bénéficier directement aux jeunes ivoiriens en quête de formations spécialisées.

Avec l’augmentation des échanges, l’apprentissage du mandarin devrait devenir une priorité encore plus grande. Des initiatives pour former davantage de professeurs de mandarin en Côte d’Ivoire et pour intégrer l’enseignement de la langue chinoise dans les écoles publiques pourraient être envisagées.

Les universités ivoiriennes pourraient collaborer avec leurs homologues chinoises pour développer des projets de recherche dans des secteurs clés pour le développement de la Côte d’Ivoire. Il est souhaitable que le nombre de bourses pour les études universitaires en Chine augmente pour les élèves ayant le bac, offrant ainsi aux étudiants ivoiriens issus des clubs des chances accrues de poursuivre des études supérieures dans des institutions de renommée internationale en Chine.

Pour nous, les échanges académiques sont perçus comme un levier pour renforcer les relations diplomatiques et économiques entre la Côte d’Ivoire et la Chine. En formant des jeunes qui comprennent les deux cultures et les deux économies, ces programmes favorisent une coopération plus fluide et bénéfique entre les deux pays.

Ces perspectives indiquent un avenir prometteur pour les échanges académiques entre la Côte d’Ivoire et la Chine, avec des possibilités croissantes pour les jeunes générations d’Ivoiriens d’accéder à des opportunités éducatives internationales et de contribuer au développement de leur pays.

AIP : Quels sont vos projets pour développer davantage ce programme de bourses ?

Y.L : Un des objectifs clés du Réseau est de trouver des financements supplémentaires pour augmenter le nombre de bourses offertes chaque année. Cela permettra d’inclure davantage d’élèves méritants et de répondre à la forte demande. Des discussions sont en cours avec des partenaires chinois pour étendre le soutien financier.

En plus des bourses de scolarisation, le Réseau envisage de solliciter de nouvelles catégories de bourses, comme des bourses d’études supérieures pour les universités chinoises, des bourses pour des échanges à court terme, ou des stages en Chine. L’objectif est d’offrir un éventail plus large d’opportunités pour les élèves et étudiants ivoiriens issus des clubs.

Le Réseau travaille également sur la mise en place de collaborations avec des entreprises chinoises opérant en Côte d’Ivoire. Ces partenariats pourraient permettre à ces entreprises de sponsoriser des bourses ou d’offrir des stages professionnels aux élèves et étudiants bénéficiaires notamment ceux des établissements d’enseignement professionnel.

Le Réseau entend également promouvoir et élargir l’enseignement du mandarin dans les écoles ivoiriennes partenaires. Cela pourrait se faire en renforçant la formation des enseignants locaux ou en facilitant l’envoi de professeurs chinois pour enseigner la langue.

Le Réseau explore la possibilité de lancer des projets éducatifs collaboratifs avec des institutions chinoises, notamment dans les domaines de la technologie et de l’innovation. Cela permettrait de préparer les élèves à des secteurs clés pour le développement de la Côte d’Ivoire.

AIP : Existe-t-il des partenariats spécifiques entre votre Réseau et des lycées ou collèges chinois ?

Y.L : Oui, le Réseau des enseignants ivoiriens amis de la Chine a déjà établi des partenariats spécifiques entre l’école Internationale des langues étrangères de Tianjin et certains lycées ivoiriens.

Le Réseau envisage susciter des voyages d’études et de partages pour les élèves ivoiriens et les responsables des établissements scolaires afin de leur permettre de découvrir le système éducatif chinois et de participer à des programmes culturels et académiques.

Pour nous, les partenariats spécifiques constituent un pilier important dans la coopération et contribuent à renforcer les liens académiques entre la Côte d’Ivoire et la Chine. Le Réseau continue de chercher à nouer des partenariats avec d’autres institutions chinoises pour offrir encore plus d’opportunités aux élèves ivoiriens.

Source : AIP

Auteur:
LDA Journaliste

LDA Newsletter

Ne ratez rien de l'actualité en continue, soyez aux premières loges des dernières news sur LADIPLOMATIQUE D'ABIDJAN