Dans la nuit du 14 au 15 mai 2017, en plein mutinerie, une cache d’armes est découverte à Bouaké au domicile de Souleymane Kamaraté Koné, dit « Soul to Soul », directeur du protocole de Guillaume Soro. Plus le temps passe, plus les preuves accablent inéluctablement le mis en cause. Les dernières révélations de Jeune Afrique sur cette affaire soutiennent qu’il a, lui-même, indiqué la cache d’armes aux mutins par un appel que les autorités ivoiriennes ont intercepté grâce à une écoute téléphonique.
Selon les informations de Jeune Afrique, au cours de cet appel, Soul to Soul indique à l’un des mutins l’emplacement de la cache et lui conseille de se réarmer. La suite, on la connait quinze tonnes d’armes ainsi que des munitions ont été retrouvées dans l’ancienne piscine réaménagée dans le sous-sol de la maison.
Depuis l’éclatement de cette affaire, Soul To Soul a été entendu par la gendarmerie à deux reprises, sans toutefois qu’il ne soit mis aux arrêts. Mais avec cette nouvelle révélation, les choses pourraient tourner autrement.
Dans ce scandale, plusieurs autres proches de Guillaume Soro ont été entendus par les enquêteurs de la brigade de recherche de la gendarmerie, dont le lieutenant-colonel Issouf Ouattara (alias Kobo), chef de la sécurité de Soro, et le colonel Adama Yéo, l’un des responsables de la sécurité du Parlement. « Tous deux étaient chargés de reverser cet arsenal dans les stocks de l’armée », précise Jeune Afrique.
Ainsi, pour mieux situer les responsabilités, l’Etat ivoirien a diligenté une enquête. A celle-ci s’ajoute, la mission des experts des Nations unies à la demande du président, Alassane Ouattara. Laquelle vient d’être prolongée, après un mois de travail (elle avait engagé ses investigations le 7 juin et devait travailler un mois).
Selon les premières conclusions de ces experts de l’ONU en armement, souligne le magazine, les armes découvertes ont bien été acquises en 2011, comme l’assurait l’entourage de M. Soro. Ce qui reste à faire, c’est leur indentification et leur mode d’acquisition. Et, surtout, de localiser d’autres caches dans le pays (il y en aurait au moins deux de plus selon eux). Un rapport intermédiaire doit être remis aux autorités à la mi-septembre.
Daniel Coulibaly
Auteur: LDA Journaliste
