Simple avis…./ Implosion du RHDP : radiographie d’une arnaque politique faussement entretenue.

Créé le 18 mai 2005 sur les bords de la Seine, le RHDP se voulait une alternative à la LMP du pouvoir alors en place. Le mot d’ordre était le report des voix des autres formations de ce groupement en faveur de celle d’entre elles qui se retrouverait au second tour de la présidentielle. Rien de plus. Chacune fourbissant ses armes dans le secret espoir d’être la mieux placée afin d’être la principale bénéficiaire de l’accord.

Un présidium et un directoire sont mis en place, dirigés par le PDCI

Le RDR se retrouve au second tour de la présidentielle de 2010. Le moment, pour les autres, de respecter l’engagement est venu. Une rencontre a lieu à Yamoussoukro pour sceller le pacte. La Primature est alors promise au PDCI en cas de victoire. Quid des autres partis de l’alliance ?

Le RDR et son président sont proclamés vainqueurs. Le moment de respecter un autre engagement est venu. Las d’attendre, on se met à maugréer au PDCI. L’homme fort de la Primature « pas chaud » à se départir d’un fauteuil si prometteur pour un autre, prestigieux certes, mais beaucoup plus passif. Finalement rassuré, il y consent mais refile une coquille vide. Les nominations aux emplois supérieurs de la nation sont bouclées et « les hommes » bien installés.

Au reflux de cette dynamique, le vocabulaire ivoirien va paradoxalement s’enrichir de deux néologismes. « Rattrapage », et « tohmounan » font irruption dans le jargon politique traduisant un malaise profond. Si le PDCI se sent de plus en plus floué, au niveau du RDR, une discrimination voit le jour entre cadres et alliés. Certains se réclament plus méritants que d’autres or tous revendiquent un rôle majeur dans la victoire finale. La stigmatisation s’installe, l’hypocrisie de même. La fumisterie fait ravage.

Le président du Mouvement des Forces d’Avenir voit son horizon s’assombrir. Sans autre forme de procès, il est mis sur la touche et, à son grand étonnement, lâché par tous.

Des contestations plus ouvertes se manifestent au sein du PDCI. L’Aîné a de plus en plus de mal à contenir les appétits insatisfaits de ses cadres lui reprochant sous cape d’être seul, « sa famille » avec à prendre part au banquet.

Approche l’échéance 2015. Il fait une annonce cavalière lors d’une rencontre sur ses terres, cour-cuitant de facto les velléités internes. Pour avoir fait du legs son mode de conquête du pouvoir, il engage à nouveau son parti, dans un accord dont il est seul à connaître les termes.

Puis arrivent les élections législatives de 2015. Des contradictions ouvertes se font jour. Une liste de candidatures est proposée or chacune des formations tient à conserver son bastion. Les impénitents sont débarqués. Le parti arc-en-ciel en paie un lourd tribut.

Passé les législatives, une vice-présidence est créée. Dans un jeu de chaise musicale, la vice-présidence est offerte au PDCI et la Primature, avec des pouvoirs renforcés retourne au RDR. Grogne musclée des forces nouvelles. Des réajustements sont opérés mais jugés bénins.

On décide alors d’aller à la fusion. Le PDCI se retire de l’alliance, non sans y perdre certains cadres. Les forces nouvelles n’y adhérent pas. Au MFA : « le balayeur est balayé ». Aux autres, il est demandé de se déterminer. Une équation sans inconnue leur est soumise : adhésion ou exclusion.

Le pays retient son souffle. Pendant plusieurs jours, l’Etat est sans gouvernement pour ….une affaire strictement privée.

Au terme d’un congrès extraordinaire annoncé à grand renfort de publicité, le RHDP se dote finalement d’un statut flou : ni fusion ni autonomie des partis.

Approche la présidentielle de 2020. Un mouvement politique dirigé par « Bogota» se crée ravivant férocement l’ire du palais. Il est alors contraint à la démission puis à l’exil.

L’annonce de sa non-candidature par le « brave Tchê » active la fracture latente. Les rivalités internes surgissent. Fidèle parmi les fidèles l’enfant du Sud-Comoé apprend qu’il n’a jamais été une option. Il en prend ombrage et fait ses valises.

Crédité de ses 118 671 de voix en 2010, l’UDPCI revendique le statut de N°2 pour son leader après la sortie du PDCI de l’alliance. Pour avoir soutenu par deux fois son allié, il s’attend tout logiquement à ce que le choix du futur candidat se fasse en sa faveur. Prétention trop ambitieuse !? La désignation unilatérale d’un candidat issu du RDR et l’organigramme du Rassemblement les contrarient amèrement : Président du RHDP, Président du directoire, Secrétaire exécutif et candidat sont tous issus du même rang. L’UDPCI se rebiffe et est débarqué sans ménagement.

Que reste-t-il du RHDP aujourd’hui : le RDR en rang serré autour de son candidat, quelques transhumants plus que jamais sommés de convaincre sinon ….. Et, plus personne.

La morale de l’histoire : À vouloir jouer avec les autres, on finit par se jouer de soi-même.

Sous le charme enivrant d’un slogan flatteur « Tout est bouclé, géré », le RHDP se retrouve désormais dans la position de la LMP de 2010 « On gagne ou on gagne ». Pourvu que le lendemain de la prochaine élection présidentielle ne donne pas lieu à une autre crise post-électorale.

Hyacinthe KOUAKOU

                                         

A un prochain avis.

Auteur:
LDA Journaliste

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