Changement. Transformation. Accélération. C’était les espérances de nombreux Ivoiriens après la réélection du président Alassane Ouattara en octobre 2015. Un espoir très vite douché par le remaniement ministériel de janvier 2016, qui a reconduit la quasi-totalité de l’équipe gouvernementale sortante. Déception. Pire, sentiment de trahison. Car l’avenir donnera raison aux citoyens déçus ; puisque le « départ nouveau » promis lors de la campagne présidentielle n’a pas été au rendez-vous durant presque toute l’année 2016 : même administration, mêmes lenteurs dans l’exécution des projets, mêmes revendications civiles et militaires… Même lassitude des populations vis-à-vis des gouvernants. Un changement radical, voilà ce qu’elles attendaient.
Le vent de la troisième République
Aujourd’hui, leur cri de détresse semble avoir été entendu. Avec le vent de la troisième République qui a commencé à souffler sur le pays depuis le lundi 09 janvier 2017. D’abord, avec la démission du Premier ministre Daniel Kablan Duncan et son gouvernement, suivie le même jour de l’élection du président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro. Mais aussi, Alassane Ouattara a aussi mis fin aux fonctions des ministres d’Etat, ministres et conseillers spéciaux rattachés à la présidence de la République.
Suite logique de ces décisions, la nomination du vice-président de la République et la formation d’un nouveau gouvernement dans les jours à venir. Bien avant cela, comme conséquence à la mutinerie militaire des 6 et 7 janvier derniers, le chef de l’Etat a procédé à la nomination, le même lundi 9 janvier, de nouveaux chefs à la tête de l’armée, de la gendarmerie et de la police nationale.
Doit-on rêver ? Trop tôt pour se réjouir. Quoique M. Ouattara lui-même est bien conscient des attentes de ses compatriotes et des amis et partenaires de la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, selon toute vraisemblance, les récentes décisions de l’homme présagent d’un changement, mieux, d’une chirurgie générale et en profondeur aussi bien au niveau des forces armées et de sécurité que de l’administration publique. Depuis les ministres jusqu’aux plus petits fonctionnaires occupant une responsabilité, en passant par les directeurs centraux et généraux, ainsi que les sous-directeurs.
Oui, il faut s’attendre – et c’est ce que la majorité des Ivoiriens attendent - à un véritable nouveau gouvernement qui fixe un nouveau cap. Pas un semblant de remaniement qui frise un réaménagement technique ou un tout simplement un jeu de chaises musicales. Les défis restent nombreux énormes les uns comme les autres.
En effet, comment faire de la croissance économique une croissance soutenue et inclusive, de sorte à être ressentie auprès du plus petit citoyen ? Comment faire en sorte que les importants projets structurants, notamment routiers, ferroviaires, portuaires, aéroportuaires, sanitaires et sociaux soient accélérés pour que le pays soit au rendez-vous de l’émergence en 2020 ? Comment maximiser au mieux les retombées de l’impressionnant travail de repositionnement diplomatique et économique de la Côte d’Ivoire abattu par le chef de l’Etat durant ces six dernières années ?
Bref, pour obtenir ces « Ivoiriens nouveaux » que le pouvoir entend bâtir, il faut des dirigeants nouveaux, une administration nouvelle, une armée nouvelle… C’est ainsi que, loin du slogan électoral de 2015, l'on amorcera le VRAI « DEPART NOUVEAU ».
Armand Tanoh
