Côte d’Ivoire-Lutte contre le phénomène des Microbes : 664 enfants en conflit avec la loi resocialisés

Ce sont près de « 500 enfants en conflit avec la loi » communément appelés « Microbes » sur 664 sortis du centre de resocialisation de M’Bahiakro qui sont dans des centres de formation professionnelle et formation générale. C’est ce qu’a déclaré Manignan Ouattara, chef de projet de la cellule de coordination et resocialisation(CCRS) du conseil national de sécurité(CNS) mise en place par la présidence ivoirienne. C’était lors d’une conférence débat organisée par l’ambassade de France en Côte d’Ivoire le mardi 7 novembre 2017 à l’Institut français d’Abidjan.

Selon Manignan Ouattara, au total 774 enfants en conflit avec la loi ont été admis au centre de resocialisation de M’Bahiakro depuis novembre 2016 jusqu’à ce jour.

Et parmi ceux-ci, 664 sont sortis de ce centre dont 500 mis en apprentissage dans les métiers de leur choix avec des maîtres assistants grâce à l’appui de la Chambre nationale des métiers de Côte d’Ivoire, et également en formation générale. Actuellement, a-t-elle souligné, le centre compte 110 enfants qui suivent un programme de resocialisation.

Les spécialistes de la protection de l’enfance et de la resocialisation, des universitaires, l'administration publique(des ministères) ont indiqué, lors du débat sur le thème : « Mieux comprendre le phénomène des enfants dits microbes pour y apporter une réponse efficiente », qu’il faut combattre le mal à la racine.

Tous étaient unanimes que la pauvreté généralisée est l’une des causes fondamentales qui favorise ce banditisme juvénile qui n’est pas nouveau et n’est pas propre à la Côte d’Ivoire, mais amplifié après la crise post-électorale de 2010.

Pour le Pr Francis Akindès, sociologue, de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké, les pouvoirs publics doivent aller au-delà de l’action. Il faut agir sur « les revenus des parents » par une politique publique qui peut se matérialiser par une « discrimination positive ». C’est-à-dire injecter plus d’argent là où on en faisant moins et moins là où on en injectait plus », a-t-il ajouté.

Toute chose qui, a-t-il poursuivi, pourra bien aider les parents démissionnaires de leur responsabilité parentale à reprendre l’éducation et l’encadrement de leurs enfants en mains, et surtout à faire face aux difficultés financières.

De son côté, Marcelin Yobouet Kouadio, commissaire chef adjoint du District d’Abobo, qui parlait au nom de la police nationale, est revenu sur l’opération de sécurisation du District d’Abidjan à travers « Epervier » qui a permis la destruction de plusieurs fumoirs, l’arrestation de barons de la drogue, des saisies d’armes blanche et à feu, dans la lutte contre ce phénomène.

Il a rassuré que les choses ont bien évolué en matière de sécurité depuis le lancement de cette opération de police. « Le sentiment d’insécurité a diminué surtout au niveau d’Abobo », a-t-il soutenu, même s’il note encore quelques poches de résistance.

«Nous continuerons notre mission en s’attaquant aux fumoirs, gnambros, gares anarchiques, marchés etc, pour la sécurisation des personnes et des biens », a-t-il laissé entendre.

 

Daniel Coulibaly

 

Auteur:
LDA Journaliste

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