Grand-homme de média, Ali Bamba dans une interview bilan accordée à La Diplomatique d’Abidjan (LDA), fait le point du Salon de la Radio et de l’Audio digital organisé en janvier dernier à Paris (France) par sa structure. Et de présenter également les perspectives pour la prochaine édition. Tout en rêvant de voir une radio propre au continent africain.
LDA : Le 25 janvier dernier, vous avez lancé les activités de DIABITAL Association au Salon de la Radio et de l’Audio digital. Peut-on en savoir davantage ? Vos motivations, l’objectif recherché
A.B : Merci déjà pour l’occasion que vous me donnez de m’exprimer au nom de DIABITAL Association et les Entreprises DSNB.fr dont je suis respectivement président et directeur de publication. Pour répondre à votre question, il était question de poser le cas de la radio africaine à travers une conférence débat dont le thème était: quel avenir pour la presse africaine face à l’influence de la presse internationale? Alors, en tant que journaliste radio reconverti en producteur multimédia ici à Paris, j’ai eu le temps de comprendre le mal que vit la radio africaine. Nous, journalistes africains, nous faisons trop d’effort pour si peu de résultat ou de satisfaction. Faute de moyen. Parfois lorsque ce n’est pas la formation qui fait défaut, c’est le budget de production ou simplement la considération même de nos populations. Ce n’est pas parce que nous sommes moins intelligents que les autres mais juste que nous ne sommes pas respectés. Nous avons des médias mais qui souffre de mépris. Il était question pour DIABITAL Association de lancer le débat à travers l’Atelier de la Radio Africaine lors du dernier Salon de la Radio et de l’Audio digital. La presse internationale est si forte en Afrique que nous-mêmes africains finissons par céder au complexe d’infériorité.
LDA : Aujourd’hui, quel est donc votre combat pour la valorisation des radios africaines sur le continent ?
AB ; Chez DSNB comme avec DIABITAL Association, nous nous sommes dit qu’il faut qu’un jour nous prenions notre place sur notre propre continent. Car ce n’est pas en Europe ni en Asie ou encore en Amérique que la radio africaine ira réclamer son leadership. Cela doit commencer sur notre propre continent et avec une radio africaine internationale. Cela lancera le chantier de l’union des médias africains ainsi de suite. Mon combat c’est que le journaliste africain soit vu comme un journaliste professionnel à la mesure de tous ceux que nos populations adulent chaque jour sur BBC ou RFI. Les confrères et de nombreuses associations ont pris part à ce débat très passionnant. Ils ont aimé le thème. Et les ambitions convergent dans le même sens de la création d’un écosystème médiatique fort en Afrique fait par les africains afin d’équilibrer l’information internationale pour nous. Les organisateurs du salon de la radio nous ont félicités et nous pensons que les activités de DIABITAL Association ont été parfaitement lancées. Nous sommes heureux d’avoir été compris.
LDA : Quel est votre sentiment personnel après ce salon. Et quel bilan pouvez-vous faire ?
A.B : Nous sommes heureux d’avoir cette opportunité qu’est le salon de la radio et de l’audio digital qui donne l’occasion de ce type de rencontre et d’échanges très fructueux et professionnels. Nous ne pouvons qu’apprécier le travail des organisateurs du Salon. Financièrement, nous n’avons rien récolté (rire). Aucun dont à notre association mais nous pensons que l’occasion qui nous avait été offerte fut belle. Cela nous ouvre pas mal de portes pour d’autres événements. Et nous continuerons le combat du média africain selon les objectifs bien définis de DIABITAL Association. C’est-à-dire, la défense des intérêts du journaliste africain, la promotion de l’entrepreneuriat et la promotion des cultures du monde.
LDA : Pensez-vous que l’Afrique peut-elle avoir sa Radio avec l’influence des grandes chaines étrangères ?
A.B : Belle question (regard figé). C’était l’essence même du débat lors de l’atelier de la radio africaine. Tous les participants et intervenants ont soutenu l’idée. Mais, cela n’est pas synonyme de capacité à réaliser cette ambition. Il nous faut du soutien politique surtout. La volonté politique des dirigeants africains est la clé de tout le projet. Sinon, financièrement l’Afrique est capable et elle a les hommes pour le faire. Africa Nº1 est tombée quand l’Etat y a retiré ses parts d’action. C’est parce que nous n’avons pas eu cette volonté de réussir franchement une radio par nous-mêmes. Racheté par Dominique Guihot pour continuer l’aventure sous un autre nom « Africa Radio ». Nous voyons que cela commence à réussir à nouveau. Pourquoi ne pas soutenir un tel projet par exemple ? Aider « Africa Radio » à atteindre des sommets sur le continent. Possible. Il faut juste le vouloir chez nos dirigeants.
LDA : A quoi peut-on s’attendre pour la prochaine édition ?
A.B : Pour le prochain salon de la radio, nous préparons déjà le prochain thème. Nous sommes en consultation auprès de nos partenaires et collaborateurs afin d’abonder dans le sens du développement de la radio sur le continent noir. Nous serons même ravis de compter La Diplomatique D’Abidjan (LDA) parmi nos invités de choix.
LDA : Votre vœu pour l’Afrique pour cette nouvelle année 2020.
A.B : Merci. Je souhaite le meilleur pour mon continent, l’Afrique. Que chaque africain arrête d’accuser l’occident. Personne n’est à la base de nos problèmes. Nous n’avons pas été les seuls peuples colonisés au monde. Mais nous sommes les plus en retard et les plus pleurnichards. Il faut que l’africain se mette au travail comme l’asiatique et l’américain. Je souhaite que 2020 soit une année d’élection paisible dans mon pays, la Côte d’Ivoire et partout sur le continent.
LDA : Un appel à l’endroit des décideurs africains pour une Radio plus forte et compétitive sur le marché.
A.B : Chers décideurs de l’union Africaine, vous faites beaucoup pour nos populations. Malheureusement, cela n’est pas suffisant. Et vous le savez. Écoutez nous encore s’il vous plaît. Permettez-nous de réaliser de grands projets comme celui de la radio africaine internationale. Nous, la jeunesse n’allons pas vous décevoir. Par ailleurs, merci à La Diplomatique D’Abidjan (LDA) et tous ses employés. Bravo pour le boulot que vous faites au nom de la passion. Je suis optimiste et je sais que l’Afrique va réussir. Je vous remercie.
Interview réalisée par Mohamed Compaoré
Auteur: LDA Journaliste