DIABITAL Association: Quand l’Afrique veut créer sa Radio

L’association DIABITAL SERVICES a lancé ses activités le samedi 25 janvier 2020 avec l’Atelier de la Radio Africaine qu’elle a organisé à l’occasion du salon de la radio et de l’audio digital.  Une conférence débat qui a déchainé des passions autour du thème : Quel avenir pour la Radio africaine face à l’influence de la presse internationale en Afrique ?

                     

A l’auditorium jaune du Salon de la Radio au sein de la grande halle du Parc de la Villette de Paris, pris d’assaut par une centaine d’Africains et amis de l’Afrique soucieux d’un meilleur visage de la radio africaine en mal de notoriété face au média internationaux qui s’imposent en leaders absolus sur leur continent, parfois avec un fort impact sur les cultures africaines.

Deux panels de professionnels de la radio et de l’industrie musicale africaine se sont succédés sur le podium en une heure avec un bonus temporel de 10 minutes accordés par les organisateurs du salon afin de permettre plus d’intervention du public qui en redemandait.

D’abord un premier avec Vivian Vincent productrice musicale d’origine nigériane et la camerounaise Hortense Assaga journaliste et présentatrice sur la chaine de télévision Africa24 aux côtés de trois ivoiriens, Marie Cathérine Koissy fondatrice et directrice générale de Radio Cocody FM Abidjan, Soom Duval anciennement animateur vedette de radio Nostalgie, puis Ncho Kouassi le directeur général de Radio Zénith FM de Marcory.

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Avec à la modération, le président Ali Bamba DIABITEAU de DIABITAL SERVICES, les échanges ont gravité autour des contenus proposés par les radios africaines. Lorsque Vivian Vincent évoquait « un manque de véritable radio internationale africaine pour la promotion des artistes hors du continent », Ncho Kouassi rappelait quant à lui les obstacles liés à la législation régissant les radios de proximité.

Selon le directeur de Zénith FM, « le principal frein au développement des radios de proximité est l’interdiction de la publicité de grande envergure qui limites leurs sources de revenu. » Par ailleurs, Marie Cathérine Koissy défendait une meilleure gestion des ressources pécuniers générés par la petite publicité. A titre d’exemple, la patronne de Cocody FM est revenue « les petits forfaits tarifaires proposés par les tradipraticiens qui selon elles contribuent énormément à renflouer les caisses des radios de proximité» à partir du moment où ces soigneurs traditionnels n’intéressent que très peu les médias internationaux.

Hortense Assaga, est quant à elle intervenu sur la « nécessité indubitable de mettre en place une radio internationale panafricaine afin d’équilibrer le trainement de l’information concernant l’Afrique. » Pour cela la présentatrice afro optimiste n’a pas manqué de marquer son soutien à Africa Radio qui selon elle, devrait « y aller très vite ».

Enfin Soom Duval, intervenant en qualité d’observateur averti, a fait remarquer « les radios locales ont tendance à préférer la musique occidentale dans playlist là où elles devraient promouvoir plutôt les talent qui en ont besoin sur place. »

En une demie heure de débat ce panel a confirmé l’importance du thème et justifier la nécessité de repenser la radio africaine.

Le second panel était constitué de Dominique Guihot, le directeur général de Africa Radio ; la jeune journaliste sénégalaise Codou Loum de Radio Oxygène ; le Burkinabé Sékou Ouédraogo président de l’African Aeronotics and Space Organisation (AASO) ; Joseph Niamkey, directeur général de Radio Treichville Abidjan et manager de l’artiste Ivoirien Meiwey ; puis Jean Paul Oro, le président de l’Union des Journalistes Ivoirien de France (UJIF).

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C’est Sékou Ouédraogo qui ouvre le débat pour ce panel en soulignant « le manque d’intérêt des radios africaines pour son domaine d’activité, le spatial qui pourtant pilote plusieurs projets en Afrique et surtout dans les zones rurales ou la radio est leur seul vecteur de communication ». Selon le président de l’AASO, « la radio africaine laisse ce champ libre aux médias internationaux tels que Rfi et BBC qui en profitent bien ».

Joseph Niamkey évoquera plus tard l’insuffisance de l’information au niveau des chaines locales africaines. Le directeur de Radio Treichville est remonté jusqu’au Coup d’Etat manqué de 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire pour évoquer une anecdote « s’il n’avait pas Rfi je n’aurais pas été informé de l’insurrection devenue rébellion. Heureusement que j’écoute chaque matin les informations sur différente radio avant de sortir de chez moi. Sinon je me serais fait abattre comme Marcelin Yacé (producteur de musique ivoirien mort ce jour-là par balle, NDLR) car la radio nationale ne donnait aucun signal » fit-il savoir.

Avant d’ajouter « je suis choqué et énervé de tout cet espace que nous laissons à la presse internationale. Il faut se décomplexer ». Justement le problème de complexe est abordé par quelques intervenants du public qui estiment d’ailleurs que « le contenu des chaines africaines est trop faible et l’information est carrément biaisé pour nos populations. Ce qui crée un manque de confiance en nos médias et c’est du pain béni pour les radios internationales qui eux aussi ont leur manière de biaiser l’information à leur profit ». Dixit Fatou Gueye, militante d’association de femme du Sénégal.

Tout comme Fatou, sa compatriote Codou Loum de Radio Oxygène a insisté sur la valeur des contenus et le sens de professionnalisme des journalistes africains.

Jean Paul ORO, lui, s’est plutôt interrogé « pourquoi les investisseurs hésitent-ils à financer les projets de média panafricain ? » pour le président l’UJIF, « la question ne devrait pas se poser parce qu’aucun développement sérieux ne saurait se faire sans des médias propres à nous ». Sentiments partagé Dominique Guihot qui, prenant la parole a rappelé brièvement le contexte dans lequel il a fondé Africa Radio sur les cendres de Africa N°1 qu’il a rachetée.

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Le directeur de cette radio panafricaine est revenu sur son envie d’en faire « une radio ou l’Afrique retrouve ses valeurs culturelles » chose qui lui est si chère qu’il se « sent africain par-dessus tout ». Avec une succursale installée à Abidjan en Côte d’Ivoire, Africa Radio est en ce moment la seule radio engagée sur la voie de combler les besoins radiophoniques africains sur le plan international.

Une mention spéciale à l’Organisation des Jeunes Libéraux de Côte d’Ivoire (OJLCI). C’est à 20 minutes de la fin de la conférence que Ouattara Drissa, le Président de cette structure représentant la société civile est arrivé sur le lieu du débat en provenance directe d’Abidjan puisque son vol avait atterri seulement en milieu de matinée. Ouattara Drissa, intégré alors au dernier panel a souligné « l’importance de ce type de débat sur l’avenir du continent et surtout pour la mise place d’un média de haute portée qui puisse soutenir les grands projets de développement africain. »

L’atelier de la radio africaine, pour cette édition du Salon de la Radio et de l’Audio Digital s’est achevé sur le coup de 14h40 sur une note convivialité et d’échange de contact avec en prime de nombreuse petite promesse de se retrouver très vite afin d’évoquer un autre aspect des objectifs de DIABITAL SERVICES et les Entreprises DSNB.fr.

Source : www.dsnb.fr

Auteur:
LDA Journaliste

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