Edito : La Côte d’Ivoire en ordre de marche !

L’histoire a la capacité innée de graver dans la conscience collective des événements que nous aurions espérés ne pas voir se produire. Hélas, la trajectoire politique de la nation ivoirienne, depuis la disparition à la trente-troisième célébration de son indépendance, le 7 décembre 1993, de son premier président Félix Houphouët Boigny, a suivi des voies toutes autant déroutantes que sibyllines. Et d’enchères en surenchères, arriva ce qui devrait arriver, pour reprendre une expression courante.

Tout le long de la décennie qui vient de s’écouler, la Côte d’Ivoire s’est livrée à une nouvelle comptabilité en des unités de mesure assez étranges : armes en libre circulation, nombre de victimes, déplacés de guerre, nombre de morts, nombre d’exécutés, charniers, personnes brulées vives, villages incendiés, femmes violées, etc. Le spectacle qui nous a été offert en guise de dénouement à cette escalade de violence n’a été que davantage de violence. Les événements sont à jamais gravés dans le marbre de l’histoire, notre histoire, celle de la Côte d’Ivoire.

La classe politique semblait montrer aux yeux du monde le 25 novembre 2010 sa maturité politique à travers le débat télévisé d’avant le second tour des élections présidentielles. Malheureusement, nous souvenons encore de l’ex-président Laurent Gbagbo, transféré à la Cour Pénale Internationale (CPI) de la Haye depuis le 30 novembre 2011, arrêté à la suite d’interminables bombardements plongeant la Perle des lagunes dans un indescriptible grondement cauchemardesque d’explosions. Le président arrêté aura cependant eu le mérite, si tant est que l’on soit prêt à lui en reconnaître un, d’orchestrer ce qui convient de nommer une innovation politique dans un contexte africain ou la démocratie cherche encore ses ancrages depuis son avènement dans les années 90.

Peut-on résumer la démocratie à un débat télévisé sans fond ? Les taux de participation aux deux tours des élections présidentielles ivoiriennes, furent-ils historiques, ne pourraient-ils pas être compris aussi comme l’expression d’une profonde inquiétude ? Quelles analyses faire de la faiblesse relative de la participation aux précédentes élections législatives ? Comment parvenir à une stabilisation de cette démocratie quand l’opposition semble totalement absente des grands débats de société, quand on a encore du mal à faire taire les armes ? Ces questionnement qui ne vise aucunement l’exhaustivité mérite une réflexivité de la part de chacun afin d’aider le pays à prendre une véritable hauteur.

Nous nous souvenons aussi du challenger Alassane Ouattara, retranché dans ce fameux hôtel - le Golf Hôtel. Bien qui bien jouissant d’un soutien incommensurable de la part de la communauté internationale aura tout de même accédé au pouvoir dans des conditions tout aussi malheureuses que celles de son prédécesseur. Comparaison n’est pas raison, il importe de le souligner ! Il semble même avoir un consensus sur l’idée que ces faits consacreraient la victoire de la légalité sur le paroxysme de l’absurdité qui a gangréné pendant plus de dix ans la gestion de la Côte d’Ivoire.

 

La prestation de serment du 6 mai 2011 d’Alassane Ouattara, sous l’égide du conseil constitutionnel, est venue d’ailleurs non seulement, confirmer la légalité de sa victoire aux élections précédemment remise en cause par le même conseil constitutionnel, mais aussi et surtout légitimer les moyens pour recouvrer cette légalité. Les élections législatives tenues le 11 décembre 2011, avec un satisfecit de l’ensemble des observateurs, viennent de faire de l’ex-premier ministre Soro Guillaume le dauphin constitutionnel du président Alassane Ouattara. L’Assemblée Nationale depuis lors est réhabilitée avec une majorité écrasante du Rassemblement Des Républicains (RDR) le parti du pouvoir actuel. La Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) piétine mais est, elle aussi en plein travail. La nation fut « purifier » le 17 mars 2012. La Côte d’Ivoire est la tête de la CEDEAO depuis le 17 février 2002. La livraison des infrastructures universitaires marquée du slogan « départ nouveau », l’éducation est réhabilitée dans son rôle, qu’elle n’aurait pas dû abandonner, de moteur du développement. Avec les visites de nombreuses personnalités de la scène politique internationale et plus d’une quarante de voyages officiels du président Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire est devenue diplomatiquement fréquentable. Kim Yong Jim, président de la Banque Mondiale, pour sa première sortie en Afrique a visité le pays. Incontestablement, la Côte d’Ivoire est alors officiellement en ordre de marche !

Auteur:
Elisee Bolougbeu

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