Coup d’Etat au Mali : Les décisions de la CEDEAO qui tuent le putsch

Le deuxième communiqué publié par la CEDEAO dans cette folle journée de mardi prend un ton inédit par sa fermeté.

Tout en condamnant le coup d’État, l’organisation sous-régionale dénie aux putschistes toute légitimité et exige d’eux "le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel". Les militaires sont ainsi sommés de procéder à "la libération immédiate du président Ibrahim Boubacar Keita et de tous les officiels arrêtés".

Au chapitre des sanctions, c’est un blocus jamais décidé qui est mis en place. Ainsi, avec effet immédiat, il est décidé l’isolement complet du Mali, à travers "la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre les pays membres de la CEDEAO et le Mali et invite tous les partenaires à faire de même".

Plus de réception au Mali, en provenance de l’étranger, de Western Union, Moneygram, Orange money ou de toute autre forme de transfert, même entre les banques. Pays frontalier qui vit du commerce, le Mali qui ne dispose d’aucun stock stratégique, que ce soit pour le carburant, le gaz, le riz et d’autres produits de première nécessité, ne tiendra pas une semaine sous cet embargo.

La CEDEAO va plus loin, qui a aussi pris la décision de cibler les putschistes, mais également les opposants qui ont soutenu ce mouvement. Il est ainsi annoncé "la mise en œuvre immédiate d’un ensemble de sanctions contre tous les putschistes et leurs partenaires et collaborateurs".

La Communauté, qui semble vivre comme un affront le fait que des militaires exécutent un coup d’État alors même qu’elle mène des négociations au Mali, n’écarte pas l’éventualité d’intervenir militairement pour chasser l’armée du pouvoir et rétablir IBK dans ses fonctions. Dans son communiqué aux accents martiaux, la CEDEAO prévient qu’elle "demande la montée en puissance immédiate de la Force en Attente de la CEDEAO".

Rappelons que c’est cette force en attente, composée par le Sénégal pour cette mission-là, qui était allé chasser du pouvoir le dictateur yaya jammeh qui voulait s’accrocher au pouvoir après avoir été battu dans les urnes. Le contingent sénégalais est toujours présent en Gambie, où elle assure la sécurité du président élu.

Il faut qu’on cesse de mentir à certains Maliens. Ils ne pourront pas vivre sans la CEDEAO et le coup d’État est bien mort.

Ce qui se passera dans les prochains jours, voire dans les prochaines heures, c'est les négociations sur le retour immédiat des militaires dans les casernes.

Seront-ils traduits en justice? Voilà une des questions qui seront discutées.

Ce qui est vrai, est vrai !

Par Saïd Penda/ Ancien de la BBC, journaliste d’investigation et analyste politique

Auteur:
LDA Journaliste

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