A l’initiative de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique, la chorégraphe Celia Weiss Bambara a offert, vendredi soir, au Café-théâtre du Centre national d’action culturelle (CNAC) de Treichville, un spectacle de chorégraphie, en deux tableaux, autour du thème "Inherited dream 3" avec Bassa Bomou Aboubakar du Kiyi M’Bock au cours duquel vigueur, nonchalance, tendresse et douceur "déconstruisent et reconstruisent".
Autobiographie de Lassana Kamagaté qui se veut "un homme de bien", la pièce s’ouvre par des airs mandings où se découvre, statique, un danseur solitaire, accroupi qui se relève dans des gestes lents comme dans une quête d’émancipation, gestes des mains et du corps qui se font saccadés, comme secoués de spasmes, parcourant la scène dans une envolée de sauts pour cueillir un indicible, invisible et imaginaire fruit.
Le second tableau quant à lui, présente un couple métis évoluant d’abord au rythme langoureux des sonorités d’Abou Massa avant de se métamorphoser en un volcan et un déluge de gestes tantôt saccadés, tantôt synchronisés.
La scène devient alors dialogue, amour, attirance, désaffection, entrelacement, voltige, corps qui s’enroulent, trainent, s’élancent, se repoussent, se retrouvent, évoluent ensemble en totale harmonie ou complète dissonance lorsque le duo devient trio.
Deux heures après, le spectacle est salué par une salve d’applaudissements du public du Café-théâtre du CNAC.
"J’espère traduire par cette chorégraphie que des moments de communion permettant la réalisation de nos rêves pour abolir les questions de différence", a dit Celia Weiss à la fin de sa prestation.
"Le concept porte sur un ensemble de croisements de nos espérances, rêves, rituels et interfaces dans un dialogue interculturel qui traduit ce que nous avons en commun en ce moment", a-t-elle ajouté.
"C’est un spectacle très agréable dont je retiens le thème de la déconstruction-reconstruction avec une musique bien structurée, des dialogues des corps qui se mélangent, s’entrelacent, s’entremêlent, font dialoguer les cultures. C’est le symbole de l’art syncrétique", a analysé le directeur du CNAC, Alain Tailly.
L’ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire a remis un chèque de 21 millions F CFA au Musée du costume de Grand-Bassam pour la préservation de son millier d’objets d’art, a organisé un concert de jazz avec Emmett McDonald, un musicien américain résidant en Côte d’Ivoire ou encore un concert de gospel dans le cadre de ses nombreuses activités de valorisation et de promotion de la culture ivoirienne, avait rappelé l’attachée culturelle, Alisande Pipkin, au début du spectacle.
AIP
Auteur: Armand Tanoh