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PARTIS POLITIQUES ET LÉGISLATIVES – LA SAISON DES MIGRATIONS

Abidjan, le jeudi 27 août 2027(LDA)-La fragilité des convictions, pire l’absence de déontologie partisane et politique, nous offre un spectacle à la fois ridicule et absurde, à quelques encablures des échéances électorales du 26 septembre 2026. C’est une tragi-comédie qui se joue à guichets vides, par réseaux interposés.

Par Rédaction
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Il est établi que c’est chaque cinq ans, on reprend le même cycle des transhumances partisanes. C’est devenu un rite de passage, une litanie, un simple fait sans importance. Sauf que cette migration donne l’explication la plus évidente sur l’exercice de la politique au Maroc : aucune conviction idéologique, aucune ligne partisane claire, aucune confiance en son parti, aucun engagement pour les principes politiques et humains que l’on est censé défendre et incarner.

Dans cette valse de fausses notes, les aberrations atteignent des degrés inqualifiables. Par exemple : comment un politicien de « gauche » peut-il expliquer ses accointances avec un parti « islamiste » ? Comment un autoproclamé « communiste » peut-il cohabiter avec un « libéral » ? Pire, comment l’ennemi d’hier devient l’allié d’aujourd’hui, simplement en quittant sa clique partisane pour rejoindre un autre groupe qu’il a toujours dit refuser et la vision, les manœuvres et les micmacs ! Dans cette cacophonie, sur fond de danse (avez-vous remarqué comme c’est à la limite de la vulgarité de voir des responsables politiques s’imiter les uns les autres en s’entourant d’instruments de sons pour entamer des danses approximatives et à la limite dégradantes ?), les migrants ne se rendent même pas compte qu’il y a des mariages contre nature, même si les intérêts politiciens sont communs et peuvent attirer les extrêmes et surtout l’inconciliable.

Certes, la politique est l’art de duper les populations, de leur vendre du vent, de leur promettre une chose et son contraire, de parler pour ne rien dire, usant d’une rhétorique galvaudée et surannée, mais qui marche encore au Maroc. Elle marche même très fort. Car, la majorité de ces politiciens, toutes tendances et obédiences confondues, ne s’adressent ni à vous ni à moi, ni à toute personne capable de lire dans une carte politique, d’en voir les recoins, d’en scruter les aspects sombres et dissimulés, avec, bien entendu, une inclination toute naturelle au non-étonnement.

Loin de là. Le politicien marocain s’adresse à plus de 60% de Marocains dont une majorité est analphabète, ne sachant ni lire ni écrire, mais souscrivant à tout ce qu’on lui dit et surtout à tout ce qu’on lui fait miroiter. Le politicien s’adresse au monde rural et c’est là un électorat facile à duper et à aliéner, parce que le paysan marocain voit encore le politicien comme le représentant de l’État et il en a à la fois peur tout en déguisant ses craintes en respect. Le politicien marocain s’adresse à tous ceux que la vie lamine chaque jour, ceux qui peuvent travestir leurs choix et vendre leurs voix. Vous n’avez qu’à jeter un œil affûté sur les chiffres des législatives au moins depuis 20 ans, pour voir combien chaque parti remporte en voix par habitant. Lors des élections législatives de septembre 2021 au Maroc, exactement 2 099 036 électeurs ont voté pour le Rassemblement national des indépendants (RNI) dans les circonscriptions locales. 2 millions sur 36 millions ! En 2016, le PJD avait totalisé environ 3,19 millions de voix au total (1 571 659 voix sur les listes locales et 1 618 963 voix sur la circonscription nationale).

En 2021, lors des élections générales au Maroc (le triple scrutin législatif, régional et communal du 8 septembre 2021), environ 1,27 million de Marocains ont voté pour le Parti de l’Istiqlal (PI) aux élections législatives (circonscriptions locales). Quant au PAM, lors des dernières élections législatives nationales au Maroc (septembre 2021), 1 400 122 Marocains ont voté pour le Parti Authenticité et Modernité au niveau des circonscriptions locales. Dans cette configuration, on peut aussi donner les chiffres par votant du Mouvement populaire, du PPS et de l’USFP, mais l’idée est claire, le meilleur parti, celui qui remporte les élections représente moins de 10% des Marocains. Sans oublier ce chiffre clef qui en dit long sur la confiance accordée par les Marocains aux politiciens qui veulent diriger le gouvernement, issu des urnes : en 2021, près de 8,78 millions de Marocains ont voté lors des élections combinées du 8 septembre 2021. 8 millions de votants sur 36,8 de citoyens, avec au moins un nombre potentiel de Marocains en âge de voter qui est d’environ 28 millions.

Au-delà de cette batterie de chiffres, et nous pouvons en aligner d’autres, nous sommes en droit de poser légitimement cette question : à quoi servent les politiciens puisque leur légitimité politique de représentants du peuple n’excède, au meilleur cas que les 10 % des citoyens de ce pays ? Cela nous renseigne sur les forces en présence dans le paysage politique marocains et sur la solidité des leurs bases électorales. Quand 8 millions seulement de Marocains sur 28 millions votent et quand sur les 8 millions sui ont jeté un pli dans une urne, la meilleure équipe partisane n’arrivent à séduire que 2 millions, il y a lieu d’affirmer que toute la donne est aberrante et que les dés qui sont jetés, le sont par ou à cause de la désertion de la politique et l’aversion du Marocain à l’égard de ceux qui vont le gouverner. Sans tomber dans les lieux communs, colportés par l’écrasante majorité et affirmant : « Ils sont tous les mêmes », « Rien en va changer », « Ça ne sert à rien la politique », on peut, par contre poser cette question rhétorique : Jusqu’à quand les politiciens vont manquer de respect aux Marocains, censés être leurs concitoyens ? Parce que la vérité que ces mêmes politiciens refusent ou font semblant de ne pas voir, c’est que le Maroc a changé, il a changé, les mutations sont profondes, et surtout les évolutions sociales, bonnes ou mauvaises, que les attentes des Marocains ont aussi changé et évolué, que l’art du mensonge politique fait office de blague de mauvais goût et que le Marocain Lambda ne croit plus en rien. C’est là, le grand danger qu’il faut prendre en compte, messieurs de la politique : le nihilisme social. Surtout quand ce sont les jeunes qui l’incarnent.

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