Publicité
728x90 Banner 468x60 Banner 320x100 Banner
International

Lutte contre la pauvreté : la réforme et l'ouverture, le secret chinois

Abidjan, le samedi 12 septembre 2026(LDA)-De 1949 à la fin des années 1970, la Chine a vécu sous le régime de l'économie planifiée. On achetait alors avec de l'argent et un ticket de rationnement qui fixait le droit à tant de kilos de riz ou de litres d'huile. Le pays était confronté à une pauvreté généralisée. C'est ce point de départ qu'a rappelé Sun Jiwen, ancien ambassadeur de Chine au Gabon, devant un groupe de journalistes ivoiriens en formation à Beijing.

Par OUATTARA Mariam
00:00 --:--

Pour lui, comprendre la trajectoire chinoise, c'est comprendre que la priorité de l'époque était de répondre aux besoins les plus essentiels de la population. Le véritable tournant, explique-t-il, intervient à la fin des années 1970 avec les réformes engagées par Deng Xiaoping (président de la Commission militaire centrale du Parti communiste chinois de juin 1981 à novembre 1989). Davantage de place est donnée au marché et au secteur privé, tout en maintenant un rôle pilote de l'Etat. S'en suivent plusieurs décennies de forte croissance, d'amélioration du niveau de vie et de recul massif de la pauvreté.

Une expérience qui, selon le diplomate, peut nourrir la réflexion des Etats africains, sans pour autant être copiée. "Chaque Etat doit tenir compte de son histoire, de ses ressources et de ses réalités sociales", insiste-t-il.

Réformes concrètes

Au-delà des principes, la Chine a structuré sa stratégie autour de plusieurs programmes. Sun Jiwen en a détaillé huit, dont la mise en œuvre éclaire le chemin parcouru.

Tout d'abord, le Programme de développement durable, avec ce mot d'ordre resté célèbre : "Pour devenir riche, il faut d'abord construire des routes". La Chine a investi massivement dans le désenclavement. À cela s'ajoute l'école obligatoire, soutenue par une aide financière ciblée, la création d'écoles réservées aux filles, et 4% du PIB consacrés à l'éducation. Résultat : 99,9% de taux de scolarisation au primaire.

L'inclusion n'est pas en reste, avec des taxes réduites pour les entreprises qui recrutent des personnes en situation de handicap. "Ici, une grande majorité des masseurs dans les hôpitaux sont aveugles. Les personnes avec un handicap physique sans déficit cognitif sont encouragées à travailler dans la fiscalité", illustre Sun Jiwen.

Deuxième pilier, la mobilisation de toute la société. Le pays a mis en place un système d'assistance où plus de dix mille villages ont été parrainés par un millier d'entreprises. Ce mécanisme a permis à plus de 70 millions de paysans de sortir de la pauvreté.

Troisième axe, la santé. Une couverture maladie universelle a été instaurée pour 3 000 yuans par an, soit environ 24 000 FCFA, donnant accès à l'ensemble des soins, sauf ceux nécessitant des équipements importés.

Viennent ensuite le programme de réduction de la pauvreté et de développement agricole, le programme pour la promotion du commerce – avec, depuis mai 2026, un tarif zéro sur tous les produits africains exportés vers la Chine et plus de 100 projets d'une valeur de 10,3 milliards de dollars en cours d'exécution – puis le programme pour le développement vert, axé sur la protection de l'environnement et la lutte contre le changement climatique.

Les trois derniers programmes portent sur le renforcement des capacités, les échanges humains et culturels, et la paix et la sécurité.

Pour Sun Jiwen, l'ensemble de ces leviers forme un tout. La réforme et l'ouverture n'ont pas été un simple slogan, mais une politique patiente, adaptée aux réalités chinoises, dont les pays en développement, notamment africains, peuvent s'inspirer pour leurs zones rurales.

Ouattara Mariam, envoyé spéciale à Beijing

Commentaires (0)

Soyez le premier à commenter cet article !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Anti-spam interne activé.