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International

Le wushu au-delà des médailles : quand un art millénaire tisse des liens entre les continents

Abidjan, le jeudi 15 octobre 2026(LDA)-Pour la première fois, le wushu figure au programme sportif des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), qui se tiendront à Dakar en 2026. Comment cet art martial chinois traverse-t-il les frontières culturelles ? À travers une série de reportages et de portraits vidéo consacrés à des pratiquants étrangers venus d'Afrique et d'Amérique du Nord, leurs parcours révèlent la portée universelle du wushu et sa capacité à rapprocher les peuples.

Par Rédaction
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Les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de Dakar 2026 marqueront une étape historique pour le wushu. Pour la première fois, cet art martial pluriséculaire figurera au programme d'un événement du mouvement olympique. Ces Jeux seront également les premiers de leur histoire à se tenir sur le continent africain. Ces derniers mois, nous avons réalisé une série de reportages et de portraits vidéo auprès de pratiquants étrangers. Au-delà des performances sportives, leurs témoignages mettent en lumière une discipline qui attire des personnes aux parcours variés, qu'elles aient commencé dès l'enfance ou découvert le wushu plus tard dans leur vie.

Lorsque nous avons rencontré Hayat Nadif, une étudiante marocaine en médecine à Beijing, son parcours nous a permis de mieux comprendre le développement du wushu en Afrique. Elle pratique cet art martial depuis l'âge de quatre ans, sous la direction de son maître, M. Abderrahmane Esannaghi, le président de la Fédération royale marocaine de wushu. Plusieurs fois championne nationale et championne d'Afrique de taolu, Hayat incarne une génération pour laquelle le wushu est bien plus qu'une pratique sportive. Son histoire montre aussi que la découverte des arts martiaux chinois en Afrique ne se limite pas à l'influence des films : dans plusieurs pays du continent, des clubs, des fédérations et des compétitions offrent aux jeunes des possibilités de formation et de progrès.

Hayat estime que le wushu fait désormais partie intégrante de son identité. « La médecine et le wushu sont deux passions pour moi. Tous deux nourrissent mon esprit et mon corps », nous confie-t-elle. Elle souligne les liens philosophiques qu'elle perçoit entre la pratique martiale et la médecine traditionnelle chinoise, notamment dans leur recherche d'un équilibre entre le corps et l'esprit. À l'approche de Dakar 2026, elle espère pouvoir contribuer à cet événement, non pas en tant qu'athlète, mais comme arbitre ou entraîneuse.

Nos autres rencontres avec des passionnés de wushu ont eu lieu lors de la 12e Compétition internationale de wushu de Cangzhou. Nous y avons notamment rencontré deux jeunes Africains : Tamo Kengne Ruben Mitherant, originaire du Cameroun, et Radoson Tanjona, originaire de Madagascar. Leurs histoires illustrent une autre voie par laquelle le wushu se diffuse à l'international : celle des étudiants étrangers qui découvrent cette discipline en Chine, au cours de leurs études supérieures.

Tous deux connaissaient déjà le kung-fu grâce aux films de Jackie Chan et de Bruce Lee, qui ont largement contribué à faire connaître les arts martiaux chinois à travers le monde. C'est toutefois en Chine qu'ils ont véritablement approfondi leur pratique. En dépit de leur expérience relativement récente, leur persévérance leur a permis de progresser rapidement. À Cangzhou, Ruben a remporté deux médailles d'or et une médaille de bronze, notamment dans l'épreuve de la chaîne à neuf sections (Jiu Jie Bian), sa spécialité. Pour lui, le wushu se résume en un mot : la résilience. « Il ne consiste pas à dominer autrui, mais à se dépasser soi-même », explique-t-il. Radoson, qui pratique notamment le sabre Nan Dao (style du sud de la Chine), recherche quant à lui l'harmonie entre la force physique et le calme intérieur. Pour ces deux étudiants, l'entraînement collectif est aussi une occasion de nouer des liens avec leurs camarades chinois et de dépasser les barrières linguistiques.

L'attrait du wushu dépasse toutefois le continent africain. À Cangzhou, nous avons également rencontré Rénald Meunier Daure, un pratiquant canadien de 42 ans dont le parcours témoigne d'une passion qui résiste au temps et aux épreuves. Fasciné par les arts martiaux depuis l'enfance, il rêvait de venir en Chine pour les approfondir. À 23 ans, un grave problème de santé l'a contraint à renoncer à ce voyage. Les années suivantes ont été marquées par les soins, les blessures et de nombreuses difficultés, sans que sa passion pour le wushu ne s'éteigne.

Fasciné par la puissance et la poésie du Baji Quan après avoir découvert des vidéos du maître Wu Dawei, il a finalement réalisé son rêve en se rendant à Cangzhou en 2026, près de vingt ans après son projet initial. Son ambition est d'approfondir sa connaissance de cet art martial traditionnel, puis de le transmettre à Montréal. Son histoire rappelle que la pratique du wushu ne se résume ni à l'âge auquel on commence ni aux performances que l'on peut atteindre : elle peut aussi être une manière de poursuivre un rêve et de lui donner un nouvel élan.

La philosophie du maître Wu Lianzhi, que nous avons également interviewé pendant la compétition, éclaire cette ouverture sur le monde. Héritier de la septième génération du Baji Quan, il explique que cet art est aussi appelé « Kaimen Baji Quan ». « “Kaimen”, c'est ouvrir la porte : accueillir et intégrer les bonnes choses qui viennent de l'extérieur, tout en transmettant volontiers au monde ce que nous avons de meilleur », explique-t-il.

Cette philosophie d'ouverture illustre l'une des raisons pour lesquelles le wushu continue d'attirer des pratiquants de tous horizons. Sur les aires de compétition de la 12e Compétition internationale de wushu de Cangzhou, des athlètes venus de 40 pays et régions se sont rencontrés, entraînés et mesurés les uns aux autres. Dans les équipes universitaires de wushu en Chine, comme lors de ces rencontres internationales, nous avons observé comment les gestes, les échanges techniques et les efforts partagés créent des liens au-delà des mots. Le wushu devient alors un langage commun, capable de rapprocher des personnes qui ne partagent ni la même langue ni la même culture.

À l'approche des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026, le wushu s'apprête ainsi à franchir une nouvelle étape de son histoire internationale. Au-delà des médailles et des classements, sa présence au programme des Jeux témoigne de la place que cet art martial chinois peut occuper dans les échanges sportifs et culturels mondiaux. À Dakar, les compétitions mettront en lumière de jeunes athlètes venus du monde entier. Derrière leurs performances se trouveront aussi des histoires de passion, de persévérance et de rencontres. L'aventure internationale du wushu entre dans une nouvelle phase : celle où un art profondément enraciné dans la culture chinoise continue de se faire connaître, de se transmettre et de créer des liens bien au-delà des frontières.

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