Ayant élu domicile dans les montagnes afghanes depuis l'année 2001 et la traque contre Oussama Ben Laden, l'armée américaine a décidé, contre toute attente, de se retirer de la région avant fin Août 2021.
On le sait, cette décision du Président nouvellement élu Joe Biden a été lourde de conséquences. Sans même attendre le départ des derniers marin's, les forces talibanes ont lancé une opération de reconquête éclaire sur Kaboul en passant par les principales capitales provinciales du pays.
Aujourd'hui, les fondamentalistes islamistes ont repris le pouvoir d'État et menacent d'assoir une autorité rigide, violente et liberticide sur l'ensemble du pays. Même si le Pentagone dit ne pas regretter sa décision, nul ne peut deviner l'étendue des conséquences de ce retour des talibans à Kaboul sur l'ensemble de la région de l'Asie du sud-est et sur l'ensemble de la géopolitique mondiale.
À la vérité, ce retour des talibans est un véritable os dans la gorge de la communauté internationale qui croyait avoir triomphé du terrorisme d'État avec l'extinction des derniers foyers de l'État Islamique.
En outre, même si comparaison n'est pas raison, on ne peut s'empêcher de faire un rapprochement entre cette situation et celle de la bande sahelo-saharienne dans le sous-continent ouest-africain. Alors que la France avait annoncé la fin de sa participation à la "force barkane" chargée de contenir les assauts djihadistes, le Tchad vient d'annoncer, à son tour, la réduction de moitié de son contingent présent sur le théâtre des opérations.
Ce sont donc 600 soldats sur les 1200 du contingent tchadien qui vont regagner N'djamena dans les prochains jours. Quand on sait l'importance des troupes françaises et tchadienne dans le dispositif anti-terroriste de la région, on est en droit de redouter la réédition du scénario afghan en Afrique de l'ouest.
En réponse à ces inquiétudes, le Président Français Emmanuel Macron s'est voulu catégorique et rassurant. Il affirme que la France ne laissera pas se reproduire la situation en Afghanistan dans le Sahel et que même si la France avait annoncé la fin de sa participation à la force d'interposition, cette décision correspond plus à un changement de stratégie qu'à autre chose.
Vivement que toutes les leçons soient tirées de ce désarroi afghan qui, du reste, n'a pas encore fini de révéler l'ensemble de ses tenants et ses aboutissants.
Pephangneli
Auteur: LDA Journaliste