Abidjan, le mercredi 19 mars 2025(LDA)-La question du financement des PME préoccupe. Pourtant, plus de 90% des entreprises ivoiriennes sont des PME et contribuent à hauteur de 20% au Produit intérieur brut (PIB). Quel paradoxe ! C’est pour apporter des réponses à cette problématique, que l’International Finance Corporation (IFC) ou Société financière internationale (SFI) a organisé, le 11 mars 2025 à Abidjan, une rencontre d’échanges avec les parties prenantes (secteur public & secteur privé) aux fins d’explorer le paysage actuel et les opportunités dans le secteur des services bancaires pour les PME ivoiriennes. Le thème de cette rencontre était : «Booster la croissance des PME en Côte d’Ivoire : des solutions de financement innovantes ».
Deux panels ont meublé cette rencontre d’échanges. Le premier sur le sous-thème « Promouvoir les PME et l’entrepreneuriat féminin à travers les services bancaires dédiés » et le second sur « Marchés des capitaux : rendre le financement accessible pour les PME en Côte d’Ivoire ».
Citant une étude de la SFI, Patricia Zoundi Yao, présidente du Mouvement des PME de Côte d’Ivoire (MPME) et panéliste, a fait remarquer que 85% des PME notées ont eu accès à des crédits, 74% estiment que la notation a contribué à accroître le montant du crédit, tandis que 25% ont constaté une baisse du taux d’intérêt et 57% ont eu du crédit sans garantie. C’est à juste titre que son institution a entrepris des démarches auprès de Bloomfield Investment Corporation (première agence de notation africaine en Afrique subsaharienne), afin de renforcer les capacités de ses membres, de sorte à les rendre plus compétitives.
Intervenant dans le second panel, Stanislas Zézé, fondateur et président directeur général (Pdg) de Bloomfield Investment Corporation, expert en gestion des risques et planification stratégique, a indiqué qu’une garantie sert à couvrir une probabilité de défaut. « Une garantie n’est jamais systématique, elle est nécessaire quand on en a besoin. Cela veut dire qu’on recherche des entités qui pourraient emprunter à des taux les plus bas possibles. Autrement dit qu’on met des garanties pour aider les PME qui ont des probabilités et défaut établi », explique-t-il.
Selon Stanislas Zézé, le but visé par le système de garantie est de permettre à la longue aux PME d’emprunter sans garantie. Et pour cela, elles ont besoin de formation, d’accompagnement afin qu’elles parviennent à des qualités de crédit sans garantie ; et c’est ce travail de préparation que son cabinet de notation financière essaie de faire pour les amener à être crédibles et accéder à des financements.
Pour M. Zézé, au-delà de l’accès au financement ; il convient d’emmener les PME à atteindre un niveau qui leur permet d’absorber le financement. « Il ne suffit pas d’aller rechercher le financement pour venir l'absorber; beaucoup de PME sont fragiles (problème de structuration) et la banque ne finance pas l’amorçage », confie-t-il.
Pour le patron de Bloomfield Investment Corporation, le marché financier se présente comme une excellente alternative mais avant d’y aller il faut un certain nombre de préalables à mettre en place (l’apport des fonds d’investissement, par exemple). Et une PME doit atteindre la vitesse de croisière pour prétendre à un financement bancaire et c’est à cette étape que, dit-il, beaucoup de PME ont des difficultés.
Joelle Kouassi, directrice générale de la Société de garantie des crédits aux PME (SGPME) et modératrice du Panel 1, s’est félicitée de ce projet. Car, pour elle, avoir une PME mature, c’est avoir un tissu fiscal plus élevé.
Auteur: Eugène Yao