Abidjan, le lundi 24 novembre 2025(LDA)-La Côte d’Ivoire se joint à la mobilisation mondiale des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG) du 25 novembre au 10 décembre 2025. Une campagne cruciale dans un pays où 9607 cas ont été enregistrés en 2024.
Un chiffre alarmant qui rappelle l’ampleur d’un phénomène que les autorités entendent combattre sans relâche, informe le site gouvernemental gouv.ci.
Face à cette réalité, le gouvernement ivoirien réaffirme sa politique de tolérance zéro contre toutes les formes de violences , à savoir viols, agressions physiques ou sexuelles, mutilations génitales féminines, mariages forcés, déni de ressources ou encore maltraitances psychologiques.
Depuis l’adoption, en 2014, de la Stratégie nationale de lutte contre les VBG, l’État a multiplié les initiatives pour structurer la prévention et la prise en charge. Textes législatifs, ressources humaines, plateformes communautaires, lignes d’écoute…
Parmi ces dispositifs, 95 plateformes multisectorielles regroupant chefs traditionnels, leaders religieux et acteurs locaux ont été mises en place pour faciliter le signalement. La ligne verte gratuite 1308, accessible à toutes et à tous, joue également un rôle clé dans la remontée des cas.
Pour une action cohérente sur le terrain, le gouvernement a également créé des espaces sécurisés pour les jeunes filles et ouvert 33 bureaux d’accueil genre dans les postes de police.
De plus, 5219 leaders communautaires et 1157 guides religieux ont été formés afin de soutenir la prévention et promouvoir un changement durable des comportements.
Dans les secteurs de la sécurité, de la santé et du social, le renforcement des capacités des professionnels s’est poursuivi afin d’améliorer l’accueil et la prise en charge des personnes survivantes.
En 2024, 8560 victimes ont bénéficié d’un accompagnement médical et psychologique, tandis que 16700 femmes ont reçu une assistance juridique. Une mobilisation soutenue financièrement . Entre 2020 et 2024, 12 milliards FCFA ont été investis par l’État pour la prévention et l’appui aux victimes.
Par ailleurs, l’État ivoirien a durci la répression contre les VBG. Les peines pour viol oscillent désormais entre 5 et 20 ans d’emprisonnement, et peuvent aller jusqu’à la prison à perpétuité dans certains cas.
Pour le gouvernement ivoirien, « le combat est loin d’être terminé » ,précise gouv.ci.
Des faits récents confirment que la violence contre les femmes reste une réalité quotidienne et parfois mortelle en Côte d’Ivoire .En septembre 2025, le meurtre de Grâce Tra Lou, une infirmière de 37 ans tuée à Port-Bouët (Sud d’Abidjan)par son compagnon devant leurs enfants, a provoqué une vive émotion nationale. Dans le même registre d’indignation publique, les forces de l’ordre ont annoncé dans cette même période, l’interpellation d’un individu présenté comme l’auteur de plusieurs agressions sexuelles à Abobo-N’Dotré .
Les autorités appellent la population à dénoncer les abus afin de mettre fin au silence qui protège encore trop souvent les agresseurs.
Auteur: Rish