Côte d’Ivoire-Cacao durable : le CIRAD, l’UE et l’AFD présentent les résultats du projet "Cocoa4Future" à Abidjan

Abidjan, le mercredi 3 décembre 2025(LDA)-Le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) organise, en partenariat avec l’Union européenne (UE) et l’Agence française de développement (AFD), l’atelier de clôture du projet Cocoa4Future, du 2 au 3 décembre 2025 à Abidjan-Cocody. Pendant cinq ans, ce projet a mobilisé une diversité d’expertises scientifiques et opérationnelles (chercheurs, agriculteurs, organisations publiques et privées), afin d’identifier des leviers agroforestiers, socio-économiques et environnementaux capables de renforcer la durabilité des exploitations cacaoyères.

Ce projet majeur vise à accompagner la transition agroécologique de la cacaoculture en Afrique de l’Ouest.

L’atelier rassemble des acteurs publics, privés, scientifiques et de la société civile pour partager les principaux résultats du projet, présenter des outils, des innovations et formuler des recommandations opérationnelles. Les échanges portent notamment sur les observatoires et outils d’aide à la décision pour la durabilité, les enjeux environnementaux (sols, biodiversité, pisciculture), les innovations organisationnelles et la qualité des productions, les méthodes d’accompagnement et les pratiques de réhabilitation.

Des intervenants issus d’institutions nationales et internationales CIRAD, UFHB(Université Félix-Houphouët-Boigny), INP-HB (Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny), UNA (Université Nangui Abrogoua), CCC (Conseil Café-Cacao), Nitidæ, l’ONG APDRA, partenaires ghanéens partagent leurs analyses et perspectives.

Le programme s'articule autour de six thématiques majeures, dont le choix des essences arborées pour des systèmes agroforestiers durables et la lutte agroécologique contre le virus du Cocoa Swollen Shoot.

Solutions agroécologiques contre le Swollen Shoot

A l’ouverture des travaux, Dr Serge Marlet, directeur régional du CIRAD pour l’Afrique de l’Ouest, Forêt et Savane humide, a souligné que Cocoa4Future est un projet porteur d’enjeux essentiels pour la durabilité et l’évolution des systèmes de production. Selon lui, les résultats confirment la pertinence de l’initiative financée par l’UE, en particulier les avancées en agroforesterie et en solutions agroécologiques contre le Swollen Shoot.

Il a insisté sur la nécessité de réfléchir désormais à la mise à l’échelle de ces acquis, qui apportent une meilleure compréhension des déterminants de la durabilité, des impacts environnementaux, de la performance technico-économique et des dynamiques institutionnelles et organisationnelles.

Pour Laura Desmoniln, cheffe d’équipe représentant la délégation de l’UE, ce projet mené par un consortium du CIRAD en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Cameroun financé par l’UE à travers l’AFD à hauteur de 470 millions d’euros en Côte d'Ivoire, constitue une étape cruciale pour l’avenir de la cacaoculture ivoirienne.

Aussi, a-t-elle rappelé que l’initiative s’inscrit dans la stratégie européenne visant à promouvoir des investissements durables et à renforcer les efforts mondiaux contre la déforestation.

En outre, elle a relevé des avancées significatives, notamment l’expérimentation de pratiques agricoles innovantes, la diversification des revenus des producteurs, le renforcement de la résilience climatique, la préservation des ressources naturelles, une meilleure compréhension de l’influence des terroirs et des systèmes agroforestiers sur la qualité du cacao et le développement d’outils innovants d’évaluation des risques liés au Swollen Shoot.

30 % du PIB et 40 % des recettes d’exportation

Au nom du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le professeur Aboudramane Bamba a salué l’initiative, rappelant l’importance stratégique du secteur agricole pour la Côte d’Ivoire : 30 % du PIB et 40 % des recettes d’exportation, portées en grande partie par le cacao, dont le pays est le premier producteur mondial.

Il a rappelé les défis majeurs auxquels la filière est confrontée perturbations climatiques, sécheresses, mauvaise répartition des pluies, déforestation et propagation du Swollen Shoot, qui entraîne des pertes de 30 à 40 % des recettes au niveau national.

Face à ces enjeux, l’État ivoirien a engagé plusieurs projets, notamment dans l’agriculture de précision, l’innovation technologique et l’étude approfondie du Swollen Shoot. Le ministère voit en Cocoa4Future un projet parfaitement aligné avec le Plan national de développement et la stratégie nationale de recherche et d’innovation.

« Le ministère est disposé à accompagner toutes les initiatives visant à construire une recherche nationale forte, compétitive et utile au développement de la Côte d’Ivoire », a-t-il affirmé.

Lancé en 2020, le projet Cocoa4Future représente une étape clé dans la transition vers une cacaoculture plus durable, performante et résiliente en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Cameroun. Les résultats présentés augurent des perspectives prometteuses pour l’avenir de la filière cacao ivoirienne.

 

Auteur: Eugène Yao

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